Recherche clinique : Etat des lieux et perspectives au Maroc
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samedi 17 mars 2012
by webmaster
• La recherche clinique, un outil de base pour la promotion de l’innovation médicale et l’amélioration de la prise en charge thérapeutique
Pour améliorer l'efficacité des traitements et en trouver de nouveaux, la recherche clinique demeure une étape essentielle pour assurer une meilleure prise en charge aux malades.
Fortement engagé dans la nécessité de promouvoir ce domaine au Maroc, le Laboratoire d'Epidémiologie et de Recherche Clinique de Fès organise une rencontre de réflexion sous le thème : « Recherche clinique. Etat des lieux et perspectives au Maroc », et ce le vendredi 16 mars 2012 à l’hôtel Barcelo à Casablanca.
Animé par le responsable de ce laboratoire, le Pr Chakib NEJJARI, la rencontre est l’occasion pour débattre des apports des essais cliniques au Maroc notamment dans l’évaluation précise des nouvelles procédures diagnostiques ou thérapeutiques utilisées chez l’homme. Un intérêt particulier est également accordé aux aspects éthiques, législatifs et économiques de ce secteur.
Pour le Chakib Nejjari, la recherche est un domaine qui doit intéresser aussi bien les usagers et les professionnels de la santé, que les pouvoirs publics vivement appelés à l’inscrire parmi leurs orientations majeures en politique de santé. Garantir à l'innovation médicale l’avancée requise et permettre aux patients pris en charge dans le système de soins de bénéficier de traitements nouveaux et prometteurs demeurent les objectifs principaux d’un tel projet.», affirme à ce propos le Pr NEJJARI
« Mais au-delà de cet impact positif sur le développement de la recherche scientifique dans notre pays avec tout ce que cela implique comme conséquences sur la formation initiale et continue des professionnels de la santé, une telle volonté politique a également des répercussions économiques importantes surtout si l’on sait que ce domaine est pourvoyeur d’emplois et d’investissements. », ajoute la même source.
Grâce aux moyens structurels et humains existants, le Maroc dispose d’un important potentiel qui peut lui permettre de devenir un pôle d’excellence dans ce domaine, comme le montre les indicateurs bibliométriques internationaux enregistrés depuis 2004. Toutefois, il reste à la traine des pays voisins, mieux classés dans ce domaine comme la Tunisie. « Des mesures dans ce sens s’imposent de toute urgence. Celles-ci se rapportent principalement à une volonté politique affichée, à l’existence de budgets et de personnel qualifié, mais surtout à une réglementation qui préviendrait tous dépassements ou abus. », conclut le Pr Chakib Nejjari.
Recherche clinique au Maroc. Le Pr Chakib NEJJARI dresse le bilan
La recherche clinique est une recherche réalisée sur l'être humain afin d'améliorer la connaissance sur un médicament, une pathologie, un procédé ou protocole de soin. Une partie importante des études en recherche clinique concerne les études sur de nouveaux médicaments ou sur de nouvelles indications thérapeutiques pour des médicaments existants. C’est le domaine des essais cliniques. Ils interviennent après une batterie d'essais, d'études et de recherches obligatoires réalisés principalement sur des cultures cellulaires et également sur des animaux. Ces études appelées études de pharmacologie expérimentale se déroulent en laboratoire et permettent d'établir des pistes scientifiques et de déterminer les premières doses à administrer à l'homme : c’est qu’on appelle la phase préclinique.
L’essai clinique chez l’homme permet ensuite d’étudier et de s’assurer des propriétés de molécules, afin de pouvoir en faire par la suite un usage sécurisé et responsable.
Les études précliniques et cliniques obéissent à une méthodologie extrêmement rigoureuse, à des législations nationales et des recommandations internationales (International conference of Harmonisation, Bonnes pratiques cliniques) très strictes. Ces recherches sur l'homme sont organisées par un promoteur législativement responsable : les laboratoires pharmaceutiques, un médecin ou un groupe de médecin.
Les essais cliniques chez l’homme sont une étape obligatoire et systématique du développement d’un médicament. Sans essais cliniques pas de médicaments ! Mais ca n'est qu'après les multiples étapes du développement pré-clinique que les premiers essais thérapeutiques sur l'homme peuvent être réalisés en trois phases.
Dans la phase I les essais sont, réalisés chez le volontaire non malades. Ces essais ont lieu dans des centres spécialisés autorisés. Cette phase a pour objectif de s’assurer que les résultats sur la toxicité obtenus lors du développement précliniques, sont comparables à ceux obtenus chez l'homme et de mesurer, via des études de pharmacocinétique, le devenir du médicament au sein de l’organisme en fonction de son mode d’administration (absorption, diffusion, métabolisme et excrétion).
La phase II a pour objectif de déterminer la posologie optimale du produit en termes d'efficacité et de tolérance sur une population limitée et homogène de patients. La phase III permet de démontrer l'intérêt thérapeutique du médicament et à en évaluer son rapport bénéfice/risque. Il s’agit d’essais comparatifs au cours desquels le médicament est comparé généralement à un traitement de référence déjà commercialisé ou, dans certains cas, à un placebo, c'est-à-dire un traitement sans activité pharmacologique (en cas d’absence de médicaments de référence).
C'est à l'issue de la phase III que les résultats peuvent être soumis aux Autorités pour l’obtention de l'autorisation de commercialisation appelée AMM (Autorisation de Mise sur le Marché).
Les essais de phase IV sont réalisés une fois le médicament commercialisé, sur un nombre de patients souvent très important afin d'approfondir la connaissance du médicament dans les conditions réelles d’utilisation. La pharmacovigilance permet ainsi de détecter des effets indésirables très rares qui n'ont pu être mis en évidence lors des autres phases d'essai.
Au Maroc, le secteur de la recherche clinique a connu, ces dernières années, une évolution remarquable avec un besoin de plus en plus important en compétences. Mais cette évolution reste encore insuffisante compte tenu du potentiel du Maroc et comparativement aux pays européens, aux USA et à certains pays africains comme la Tunisie, l’Egypte et l’Afrique du Sud. Par exemple, environ un millier d’essais cliniques sont menés chaque année en France. Plusieurs centaines sont réalisées en Afrique du sud.
Le retard accusé par le Maroc dans le domaine de la recherche clinique est attribué à plusieurs facteurs parmi lesquelles l’insuffisance de la formation et l’absence d’une loi réglementant ce secteur prometteur et à forte valeur ajoutée en terme d’innovation au service des patients, d’investissements R&D et d’emplois. Un projet de loi est en cours et devrait pouvoir répondre à cette problématique. Cependant il impératif que celui-ci soit adopté à cours termes afin de ne pas pénaliser d’avantage la recherche clinique au Maroc.
A propos du Laboratoire d'épidémiologie et de recherche clinique de Fès Le Laboratoire d'épidémiologie et de recherche clinique de Fès se place à l’avant-plan des grandes préoccupations actuelles en santé en développant des connaissances nouvelles qui visent à maintenir la santé ou à prévenir, corriger et traiter la maladie.
Il entretient une collaboration fructueuse entre plusieurs partenaires nationaux et internationaux, publics et privés, dont l'Association Lalla Salma de lutte contre le cancer, le ministère de la Santé, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Union internationale de lutte contre la tuberculose et les maladies respiratoires. Il compte à son actif plusieurs études sur l'épidémiologie et les facteurs de risque des maladies chroniques en particulier le cancer. A titre d’exemple, des études innovantes sont en cours notamment l'étude Qolin-cancer sur la qualité de vie des sujets atteints de cancer en partenariat avec l'Association Lalla Salma de lutte contre cancer et les Laboratoires Roche, l’évaluation du programme national du dépistage et la détection précoce des cancers du col et sein en partenariat avec le Ministère de la Santé, le FNUAP et l'Association Lalla Salma de lutte contre le cancer et l’étude sur les facteurs de risque nutritionnels du cancer en partenariat avec la Société Marocaine des Maladies digestives.
Pour améliorer l'efficacité des traitements et en trouver de nouveaux, la recherche clinique demeure une étape essentielle pour assurer une meilleure prise en charge aux malades.
Fortement engagé dans la nécessité de promouvoir ce domaine au Maroc, le Laboratoire d'Epidémiologie et de Recherche Clinique de Fès organise une rencontre de réflexion sous le thème : « Recherche clinique. Etat des lieux et perspectives au Maroc », et ce le vendredi 16 mars 2012 à l’hôtel Barcelo à Casablanca.
Animé par le responsable de ce laboratoire, le Pr Chakib NEJJARI, la rencontre est l’occasion pour débattre des apports des essais cliniques au Maroc notamment dans l’évaluation précise des nouvelles procédures diagnostiques ou thérapeutiques utilisées chez l’homme. Un intérêt particulier est également accordé aux aspects éthiques, législatifs et économiques de ce secteur.
Pour le Chakib Nejjari, la recherche est un domaine qui doit intéresser aussi bien les usagers et les professionnels de la santé, que les pouvoirs publics vivement appelés à l’inscrire parmi leurs orientations majeures en politique de santé. Garantir à l'innovation médicale l’avancée requise et permettre aux patients pris en charge dans le système de soins de bénéficier de traitements nouveaux et prometteurs demeurent les objectifs principaux d’un tel projet.», affirme à ce propos le Pr NEJJARI
« Mais au-delà de cet impact positif sur le développement de la recherche scientifique dans notre pays avec tout ce que cela implique comme conséquences sur la formation initiale et continue des professionnels de la santé, une telle volonté politique a également des répercussions économiques importantes surtout si l’on sait que ce domaine est pourvoyeur d’emplois et d’investissements. », ajoute la même source.
Grâce aux moyens structurels et humains existants, le Maroc dispose d’un important potentiel qui peut lui permettre de devenir un pôle d’excellence dans ce domaine, comme le montre les indicateurs bibliométriques internationaux enregistrés depuis 2004. Toutefois, il reste à la traine des pays voisins, mieux classés dans ce domaine comme la Tunisie. « Des mesures dans ce sens s’imposent de toute urgence. Celles-ci se rapportent principalement à une volonté politique affichée, à l’existence de budgets et de personnel qualifié, mais surtout à une réglementation qui préviendrait tous dépassements ou abus. », conclut le Pr Chakib Nejjari.
Recherche clinique au Maroc. Le Pr Chakib NEJJARI dresse le bilan
La recherche clinique est une recherche réalisée sur l'être humain afin d'améliorer la connaissance sur un médicament, une pathologie, un procédé ou protocole de soin. Une partie importante des études en recherche clinique concerne les études sur de nouveaux médicaments ou sur de nouvelles indications thérapeutiques pour des médicaments existants. C’est le domaine des essais cliniques. Ils interviennent après une batterie d'essais, d'études et de recherches obligatoires réalisés principalement sur des cultures cellulaires et également sur des animaux. Ces études appelées études de pharmacologie expérimentale se déroulent en laboratoire et permettent d'établir des pistes scientifiques et de déterminer les premières doses à administrer à l'homme : c’est qu’on appelle la phase préclinique.
L’essai clinique chez l’homme permet ensuite d’étudier et de s’assurer des propriétés de molécules, afin de pouvoir en faire par la suite un usage sécurisé et responsable.
Les études précliniques et cliniques obéissent à une méthodologie extrêmement rigoureuse, à des législations nationales et des recommandations internationales (International conference of Harmonisation, Bonnes pratiques cliniques) très strictes. Ces recherches sur l'homme sont organisées par un promoteur législativement responsable : les laboratoires pharmaceutiques, un médecin ou un groupe de médecin.
Les essais cliniques chez l’homme sont une étape obligatoire et systématique du développement d’un médicament. Sans essais cliniques pas de médicaments ! Mais ca n'est qu'après les multiples étapes du développement pré-clinique que les premiers essais thérapeutiques sur l'homme peuvent être réalisés en trois phases.
Dans la phase I les essais sont, réalisés chez le volontaire non malades. Ces essais ont lieu dans des centres spécialisés autorisés. Cette phase a pour objectif de s’assurer que les résultats sur la toxicité obtenus lors du développement précliniques, sont comparables à ceux obtenus chez l'homme et de mesurer, via des études de pharmacocinétique, le devenir du médicament au sein de l’organisme en fonction de son mode d’administration (absorption, diffusion, métabolisme et excrétion).
La phase II a pour objectif de déterminer la posologie optimale du produit en termes d'efficacité et de tolérance sur une population limitée et homogène de patients. La phase III permet de démontrer l'intérêt thérapeutique du médicament et à en évaluer son rapport bénéfice/risque. Il s’agit d’essais comparatifs au cours desquels le médicament est comparé généralement à un traitement de référence déjà commercialisé ou, dans certains cas, à un placebo, c'est-à-dire un traitement sans activité pharmacologique (en cas d’absence de médicaments de référence).
C'est à l'issue de la phase III que les résultats peuvent être soumis aux Autorités pour l’obtention de l'autorisation de commercialisation appelée AMM (Autorisation de Mise sur le Marché).
Les essais de phase IV sont réalisés une fois le médicament commercialisé, sur un nombre de patients souvent très important afin d'approfondir la connaissance du médicament dans les conditions réelles d’utilisation. La pharmacovigilance permet ainsi de détecter des effets indésirables très rares qui n'ont pu être mis en évidence lors des autres phases d'essai.
Au Maroc, le secteur de la recherche clinique a connu, ces dernières années, une évolution remarquable avec un besoin de plus en plus important en compétences. Mais cette évolution reste encore insuffisante compte tenu du potentiel du Maroc et comparativement aux pays européens, aux USA et à certains pays africains comme la Tunisie, l’Egypte et l’Afrique du Sud. Par exemple, environ un millier d’essais cliniques sont menés chaque année en France. Plusieurs centaines sont réalisées en Afrique du sud.
Le retard accusé par le Maroc dans le domaine de la recherche clinique est attribué à plusieurs facteurs parmi lesquelles l’insuffisance de la formation et l’absence d’une loi réglementant ce secteur prometteur et à forte valeur ajoutée en terme d’innovation au service des patients, d’investissements R&D et d’emplois. Un projet de loi est en cours et devrait pouvoir répondre à cette problématique. Cependant il impératif que celui-ci soit adopté à cours termes afin de ne pas pénaliser d’avantage la recherche clinique au Maroc.
A propos du Laboratoire d'épidémiologie et de recherche clinique de Fès Le Laboratoire d'épidémiologie et de recherche clinique de Fès se place à l’avant-plan des grandes préoccupations actuelles en santé en développant des connaissances nouvelles qui visent à maintenir la santé ou à prévenir, corriger et traiter la maladie.
Il entretient une collaboration fructueuse entre plusieurs partenaires nationaux et internationaux, publics et privés, dont l'Association Lalla Salma de lutte contre le cancer, le ministère de la Santé, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Union internationale de lutte contre la tuberculose et les maladies respiratoires. Il compte à son actif plusieurs études sur l'épidémiologie et les facteurs de risque des maladies chroniques en particulier le cancer. A titre d’exemple, des études innovantes sont en cours notamment l'étude Qolin-cancer sur la qualité de vie des sujets atteints de cancer en partenariat avec l'Association Lalla Salma de lutte contre cancer et les Laboratoires Roche, l’évaluation du programme national du dépistage et la détection précoce des cancers du col et sein en partenariat avec le Ministère de la Santé, le FNUAP et l'Association Lalla Salma de lutte contre le cancer et l’étude sur les facteurs de risque nutritionnels du cancer en partenariat avec la Société Marocaine des Maladies digestives.

