Stratégie nationale de lutte contre les hépatites B et C au Maroc
« Pour répondre aux attentes des patients atteints d’hépatites B et C au Maroc, il est indispensable pour le gouvernement marocain de manifester une plus grande volonté de collaboration avec les différents partenaires, tous concernés par cette problématique, afin de mettre en place un programme national contrôlé par le ministère de la santé. » C’est sous ce signe de mobilisation de tous les acteurs, Etat, société civile et professionnels de la santé, que le Pr Driss Jamil, Président de SOS Hépatites, lance les activités de célébration de la Journée Mondiale contre l’hépatite.
Pour ce membre représentant de l’Alliance Mondiale des Hépatites au Maroc, la lutte contre cette menace sanitaire doit s’appuyer sur un échange permanent d’informations et l’application à plus grande échelle des interventions réussies. Dans ce cadre, le « Programme d’accès au diagnostic et aux traitements de l’hépatite C » lancé par cette ONG en collaboration avec l’INDH et les laboratoires Roche Maroc est un modèle de partenariat qu’il importe de l’inscrire dans le cadre d’une Stratégie nationale de lutte contre les hépatites B et C au Maroc.
Toutefois la réussite de ce plan d’action reste étroitement liée à d’autres paramètres en rapport avec le système de couverture médicale. « C’est ainsi que pour les assurés de l’AMO, l’amélioration du panier de soins proposés passe inévitablement par l’application du tiers payant. Pour les futurs bénéficiaires du «Ramed» , quand à eux, la garantie d’une bonne qualité des services de santé revêt une importance capitale car il s’agit d’un «droit» acquis selon les principes de l’égalité, de la solidarité et de l’équité du système de protection médicale.», affirme à ce propos la même source.
Avec 500 millions de personnes infectées par l'hépatite virale chronique B ou C au niveau mondial, soit une personne sur 12, la World Hepatitis Alliance, l’ONG internationale référence en la matière, tire la sonnette d’alarme. Vu les tendances sociales, démographiques et migratoires, le nombre de personnes exposées ces infections transmissibles va continuer d’augmenter considérablement.
La Journée Mondiale contre les Hépatites, célébrée cette année le 28 juillet, est donc l’occasion pour s’interroger sur les mesures d'urgence mises en place afin de s'attaquer à l'épidémie des hépatites chroniques virales B et C. « La charge de morbidité est plus lourde dans les pays en développement en raison de leur prévalence, de l’évolution de leurs complications et leur coût socio économique important. De là, le dépistage précoce reste l’arme fatale pour rompre la chaîne de transmission des hépatites B et C. », conclut le Pr Jamil.

