Posted in jeudi 7 juillet 2011
by webmaster

Le directeur de l’aéroport Mohammed V est catégorique: «Les avions n’ont pas été mis en place aux heures initialement programmées». Voilà, selon Anass Lakhimi, l’origine des perturbations du week-end dernier sur l’aéroport Mohammed V. «Ce qui n’a rien à voir avec la capacité de l’aéroport».


- L’Economiste: Quels ont été le rôle et la part de responsabilité de l’ONDA dans les perturbations intervenues ce week-end à l’aéroport Mohammed V?

- Anass Lakhim: Il est important de rappeler les faits tels qu’ils se sont effectivement produits. Au cours de ce week-end, un certain nombre de passagers qui devaient rejoindre des destinations nationales ou internationales n’ont pu embarquer aux horaires prévus. Les avions n’ayant pas été mis en place aux heures initialement programmées. Ce qui a occasionné des retards importants et forcément un mécontentement des passagers, accentué par le manque d’informations sur les raisons de ces retards et sur les prévisions de nouvelles programmations horaires des vols. Pour faire simple, le rôle de l’ONDA consiste, au niveau de la plateforme aéroportuaire, à assurer l’exploitation suivant les meilleurs standards, assurer le bon fonctionnement des équipements techniques, et la coordination entre les nombreux partenaires qui interviennent dans le circuit du passager (compagnies aériennes, DGSN, douanes, concessionnaires, sociétés de handling en charge notamment du traitement des bagages,…). Toutes ces responsabilités des uns et des autres sont d’ailleurs clairement identifiées et normalisées dans des cahiers de procédures. Dans le cas précis des retards rencontrés ce week-end, l’aéroport a joué pleinement son rôle de coordonnateur avec l’ensemble des intervenants afin que chacun puisse mettre en œuvre les actions sous sa responsabilité, conformément aux normes internationales en vigueur de l’IATA. Il est bien évident que l’autorité aéroportuaire ne peut en aucun cas se substituer aux compagnies aériennes lorsque celles-ci, même en cas de force majeure, ne parviennent pas à mettre à la disposition des passagers les appareils prévus, aux horaires programmés.

- La capacité de l’aérogare ne serait pas cohérente avec les besoins des compagnies aériennes. Cette situation est aggravée par la fermeture du terminal 3 et les travaux du terminal 1. Qu’en dites-vous?

- Je suis tout de même assez étonné que l’évènement de ce week-end ait pu être imputé à la capacité de l’aéroport! Toutes les zones de l’aéroport sont en effet dimensionnées pour absorber un trafic de pointe qui peut aller jusqu’à 23 vols simultanés au départ, selon une norme de qualité jugée bonne par les instances internationales. Or, seuls 12 vols ont été programmés ce jour-là. Il était prévu d’accueillir 1.150 passagers. Les perturbations dues au manque d’avions ont fait que 1.950 passagers étaient présents pour une capacité de l’aérogare de 4.100 passagers. Il n’est donc aucunement question d’un problème de capacité. Quant à la fermeture du terminal 3, elle a concerné moins de 4% du trafic qui a été redistribué vers les terminaux 1 et 2, de surcroît à des horaires à trafic réduit. De plus, la décision de la fermeture du terminal 3 (qui ne répondait pas à nos exigences en termes de qualité de service offert aux passagers), a été prise en concertation avec les différents partenaires, notamment Royal Air Maroc.

- Le problème d’engorgement de l’aérogare de Casablanca est récurrent. Est-ce parce que l’aéroport Mohammed V n’arrive plus à traiter le nombre grandissant de compagnies et de passagers?

- Tous les aéroports du monde sont dimensionnés pour absorber un trafic où les perturbations dues aux irrégularités d’exploitation machine, d’itinéraire ou d’horaire sont réduites au minimum. C’est également le cas de l’aéroport Mohammed V. Il est clair que la période estivale est une période de pic d’activité. C’est pourquoi les différents intervenants font un gros travail de préparation. Bien en amont de la saison, des réunions de coordination se déroulent régulièrement entre les différents intervenants sous la supervision de l’ONDA afin de se préparer au mieux aux pics d’activité prévus. Sur le terrain, et pendant toute la saison, des briefings quotidiens s’effectuent entre minuit et deux heures du matin, toujours sous la supervision de l’ONDA, et avec les représentants des équipes des différents intervenants. Il est vrai que le terminal 2 tel qu’il est aujourd’hui aménagé, et à certaines heures de la journée, connaît des zones de congestion. Ceci dit, et de par les statistiques qui nous sont communiquées par les sociétés de handling et que nous suivons avec intérêt dans le cadre de notre démarche qualité, les raisons des retards des vols qui sont à imputer aux infrastructures aéroportuaires sont largement faibles (moins de 4% pour la saison de l’année dernière). Nous y travaillons toutefois de manière continue, à différents niveaux et en coordination avec tous nos partenaires.

Propos recueillis par Bachir THIAM : leconomiste.com